Les savoirs et leurs publics : l’exemple du conservatoire des arts et métiers (19 e - 21e siècles)

Par Samuel Hayat
Depuis sa fondation en 1794, le Conservatoire des arts et métiers est à la fois un lieu de formation professionnelle et un lieu de démonstration au grand public des machines utilisées dans le processus de production. S’y pose ainsi la question de la transmission des savoirs techniques à différents publics et des formes de légitimation de ces savoirs. Le système des chaires fait que les savoirs sont construits non par rapport à des disciplines académiques, mais par rapport à des savoir-faire. Deux types de publics sont progressivement séparés : un public de professionnels en formation, un savoir étant alors légitime parce qu’il permet à l’enseigné d’être un travailleur efficace ; le grand public, visé par des conférences et par le musée des arts et métiers, où la légitimité du savoir tient à sa capacité à cultiver le récepteur. Mais dans les deux cas, ces objectifs sont subordonnés au progrès industriel national.
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