La radicalité de l'innovation et ses déterminants. Le cas des entreprises agroalimentaires du Languedoc Roussillon

Par Marjorie Domergue, Jean-Pierre Couderc, Leila Temri
L’innovation est un concept largement utilisé, mais encore assez mal défini, malgré des tentatives de formalisation. Le Manuel d’Oslo constitue la référence en la matière, et la plupart des enquêtes d’innovation dans les entreprises sont élaborées à partir des prescriptions de cet ouvrage qui, comme la plupart des travaux, analyse l’innovation à travers la typologie classique, issue des travaux pionniers de Schumpeter, fondée sur la « nature » de l’innovation : produit, procédé, organisationnelle. Dans cet article, à partir d’une enquête réalisé auprès de 322 entreprises agro-alimentaires du Languedoc-Roussillon, nous élaborons une typologie qualitative des entreprises innovantes, en nous intéressant à la nature des innovations réalisées et en prenant en compte le degré de nouveauté de ces innovations. Nous distinguons ainsi les innovations « majeures » (nouveauté pour la filière, le marché ou la région), les innovations mineures (nouveautés pour l’entreprise) et les « modernisations » (amélioration de l’outil existant dans l’entreprise). Puis, nous comparons ces 3 types d’entreprises innovantes aux non innovantes et identifions les déterminants de l’innovation et les performances financières pour chacun d’entre eux. Ce travail permet de constater que le secteur, la taille de l’entreprise, son mode de gouvernance, ainsi que certaines caractéristiques du dirigeant sont des facteurs discriminants de la « radicalité » de l’innovation et de la propension à innover. Enfin, la radicalité de l’innovation semble avoir un impact sur la croissance du chiffre d’affaires.
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