La démarche collaborative du groupe français Nexans : une stratégie d'innovation ouverte ?

Par Christine Leboulanger, Françoise Perdrieu-Maudière
Cet article étudie la démarche collaborative du groupe français Nexans. À l’origine petite fabrique de câbles, cette entreprise séculaire est devenue un expert mondial dans son domaine. Elle doit son développement à l’essor de l’électricité puis, au début du vingtième siècle, reprise par la Compagnie Générale d’Électricité (CGE), elle poursuit sa croissance. Au cours des années quatre-vingts, elle prend le nom d’Alcatel Câble et c’est en l’an 2000 que la filiale Nexans est créée. Elle acquiert son indépendance en 2005 à la suite du désengagement total d’Alcatel de cette industrie. Nexans présente deux atouts majeurs : une forte spécialisation et une politique d’investissements en recherche et développement continue. La recherche « amont » est centralisée et concentrée dans deux domaines principaux : les polymères et les supraconducteurs. Pour ces derniers, Nexans est la seule entreprise qui maîtrise le processus complet. Les spécificités de ce domaine de haute technologie lui imposent une démarche collaborative instituant de véritables réseaux interorganisationnels. Ses coopérations s’avèrent être essentiellement verticales ou transversales. Des partenariats récurrents avec des structures tant publiques que privées sont noués afin de faciliter une création collective de connaissances et un échange d’expertises indispensables en l’absence d’un modèle scientifique prédictif. Outre le fait que de telles collaborations technologiques lui permettent d’enrichir son offre, Nexans recherche aussi grâce à elles l’accès à de nouveaux segments et l’extension de ses positions géographiques. Aussi, peut-on affirmer qu’un tel processus d’innovation se rattache à la logique d’innovation ouverte.
Codes JEL : L21, O32, O33
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