Régions et villes socialement créatives. Étude appliquée à la Péninsule Ibérique

Par Isabel André, André Carmo
La créativité est perçue actuellement comme étant un des facteurs décisifs pour le développement territorial. Dans ce cadre, les thèses de Richard Florida ou de Charles Landry sur la classe et la ville créatives ont une large influence sur les stratégies de développement urbain et régional. Toutefois, ces modèles produisent fréquemment l’exclusion sociale et des espaces urbains fragmentés. Les effets adverses de ces modèles ont fait émerger le concept de territoire socialement créatif (région, ville ou quartier), où l’innovation est promue dans une perspective intégrée, c’est-à-dire, combinant la technologie, l’économie, la culture et les relations sociales et politiques. En nous basant sur l’information disponible pour les régions et villes de la Péninsule Ibérique, nous traitons, dans cet article, deux aspects que nous considérons pertinents au débat sur la créativité des territoires. Le premier concerne l’hétérogénéité de la « classe créative », un groupe qui inclut des segments socio-professionnels ayant des valeurs, des attitudes et des sociabilités très diverses. Le second se rattache aux conditions définissant un milieu socialement créatif – diversité socioculturelle, tolérance, participation civique et capital social approprié collectivement. Les données analysées permettent de vérifier qu’il n’y a pas une corrélation étroite entre milieux socialement créatifs et expression géographique de l’emploi créatif, à l’exception de certaines régions espagnoles (Pays Basque, Aragon, Baléares et Canaries) où semble exister une corrélation positive entre les deux, certainement générant de nouvelles opportunités pour le développement des territoires.
Codes JEL : R11, 030
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