La pensée de l'économie chez Galbraith

Par Marlyse Pouchol
Galbraith décrit une sorte de processus d’excroissance de l’économie se réalisant par l’intermédiaire des grandes entreprises qui réussissent de plus en plus à imposer leurs valeurs à l’ensemble de la société, aux individus comme à l’État. Il dénonce une « science économique officielle » qui ne prend pas la mesure du changement introduit par ces « organisations » en persistant à croire qu’elles sont soumises au règne du consommateur de la même manière que les petites entreprises patronales d’hier et d’aujourd’hui. Pour autant, la source et la nature du pouvoir exercé par les grandes entreprises ne correspondent pas à celles qui peuvent être envisagées dans le cadre d’une analyse marxiste. La résistance à l’emprise des firmes suppose de prendre conscience que leur pouvoir est fondé sur le conditionnement des individus et que celui-ci est d’autant plus effectif qu’il y a, par ailleurs, disparition d’une réflexion authentique. L’excroissance de l’économie concomitante d’une dépréciation de l’activité de penser qui caractérisent la nouveauté décrite par Galbraith est à rapprocher de la « Condition de l’homme moderne » analysée par Hannah Arendt.
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